Communiqué de l’A.G. de Paris 8 :

On a gagné, continuons le combat !

Alors que les mobilisé-es se préparaient à affronter un nouveau Conseil d’Administration samedi matin, le Directeur Général des Services a confirmé, par courriel, l’information que nous avions depuis plusieurs jours à propos de l’illégitimité des conseils, des vice-présidents et du président sortants. Ceux-ci n’ont plus le droit de siéger depuis le vendredi 25 mai. Ce courriel a été suivi d’un autre de la vice-présidente du CA annonçant l’annulation de celui qui devait se tenir le 2 Juin. La direction a donc du se résoudre à respecter les règles que nous leur rappelions depuis le début de cette lutte.

Nous, qui demandions cette annulation depuis plusieurs jours, sommes satisfaits. Cependant la lutte n’est pas finie. Il s’agit maintenant de lancer un débat d’ampleur sur la création du PRES à Saint-Denis comme à Nanterre et ce dans toute la communauté universitaire.

L’ Assemblée Générale de Paris 8

Le rassemblement du Samedi 2 juin est donc annulé.

Le Ministère nous donne raison contre la présidence et les élu(e)s qui la soutiennent.

La future présidente est de ceux-ci.

La lutte paie et la vigilance est de mise !

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AUJOURD’HUI MARDI 29 MAI 2012

11H EN B135

Paris 8 - Paris 10 La mise sous P.R.E.S.L’assemblée générale de Paris 8 rassemblée pour dénoncer les méthodes autoritaires de Pascal Binczak et le passage précipité au Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur entre Nanterre et Saint-Denis.

Nous invitons les journalistes, les concerné-es et tous les curieux-ses à venir faire le point sur la situation de la lutte qui dure depuis 3 semaines et ses enjeux:

Après le Conseil d’Administration (CA) du 11 mai, tenu sous protection policière, avec un quorum obtenu grâce à des procurations d’élu-es qui n’étaient pas au courant du vote et une liste d’émargement falsifiée, le CA organisé aujourd’hui le vendredi 25 mai s’est vu interpellé par une centaine de manifestant-es et n’a finalement pas voté le projet de PRES. Par ailleurs le ministère de l’Enseignement Supérieur a confirmé que les mandats des élu-es actuel-les ainsi que du président se terminent le 25 mai et qu’aucun CA ne peut se tenir jusqu’à la réélection d’un président, fixée le 11 juin.

Un nouveau rassemblement s’est tenu ce matin devant le Conseil d’Administration de l’Université Paris 8 convoqué par Pascal Binczak. Celui-ci devait voter l’approbation du compte rendu du CA du 11 mai, ce dernier étant le CA qui avait validé de manière illégitime les statuts du PRES avec Nanterre.

Pascal Binczak, pressuré de toute part de partir, a décidé de ne pas tenir le CA plus de 20 minutes, aidé en cette décision par les chants des manifestant-es. L’approbation du 11 mai n’a même pas été mise à l’ordre du jour. Cependant un nouveau CA a été rappelé le 1er juin 2012 à 8h avec comme point unique les statuts du Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur.

Nous avons, par ailleurs, reçu un courrier du ministère de l’Enseignement Supérieur spécifiant que les mandats des élu-es actuel-les ainsi que du président se terminent aujourd’hui Vendredi 25 mai et que aucun CA ne peut se tenir jusqu’à la réélection d’un président, fixée le 11 juin.

La présidence de Pascal Binczak n’a donc plus aucune légitimité à prendre des décisions en CA. Elle doit partir ! Malgré ses tentatives pour casser la mobilisation, celle-ci tient et suscite un soutien de plus en plus large. La question soi-disant isolée de l’Université Paris 8 et de ses problèmes locaux devient une question à ampleur nationale. La lutte de Paris 8 fait écho aux luttes contre la loi LRU, les IDEX et autres avatars des politiques Pécresse. Par ailleurs, nous avons reçu le soutien d’élu-es locaux de Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis et Stains.

Tant que nos revendications ne seront pas entendues, nous ferons en sorte qu’aucun conseil d’administration ne puisse se tenir dans des conditions normales et que ce soient les étudiant-es et les travailleurs-ses eux-elles-même qui décident de la bonne manière de faire vivre cette université.

C’est pourquoi nous appelons d’ores et déjà à continuer la mobilisation sur l’université la semaine prochaine et à un rassemblement le vendredi 1er Juin à 7h30 devant le Conseil d’Administration.

Par ailleurs, nous convoquons une conférence de presse le mardi 29 Mai à 11h à l’université Paris 8

Présence policière à l'Université Paris 8, le 11 mai 2012

Présence policière à l’Université Paris 8, le 11 mai 2012

Un conseil d’administration devait se tenir vendredi 11 mai à 15h pour voter le projet de Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) « Paris Lumières » entre Paris 8-St-Denis et Paris 10- Nanterre. Au regard de la précipitation avec laquelle ce conseil a été convoqué, empêchant toute discussion des contenus et des modalités de ce projet, des enseignants, personnels et étudiants, dont des élus aux conseils y sont intervenus afin de reporter le vote et prendre le temps de la réflexion.

Suite à l’irruption lors du conseil, le président a proposé qu’une délégation de dix personnes assiste au conseil. Proposition refusée, au motif que le temps nécessaire à la discussion des décisions en question n’était pas non plus accordé.

Face à ce refus, le président déclare la séance levée et non suspendue. Pour les personnes présentes, il n’était pas question de clore la séance sans débat, de régler ces questions quant à l’avenir de l’université de manière unilatérale. Le président, prenant une telle exigence comme une menace, a quitté la réunion pour aller chercher refuge dans le poste de sécurité incendie de l’université.

De là, le président a demandé l’intervention de la police, prétendant qu’il était séquestré, alors qu’il s’ y était enfermé de lui-même. Il gagne le bâtiment de l’administration de l’université, sous protection, où à 18h se tient un nouveau conseil, protégé par un cordon policier. 300 personnes, dont une partie des élus encore au CA refusant de siéger dans de telles conditions, se rassemblent au pied de ce bâtiment.

En aucun cas, il n’a été question de séquestration.

Entre-temps, deux étudiants, élu et suppléant élus au Conseil des études et de la vie universitaires (CEVU) lors des dernières élections sur la liste du Mouvement Universitaire de Résistance (M.U.R.), sont traqués par la police puis interpellés, dont un pour « violences volontaires aggravées » sur un agent de sécurité de l’université. Le président a d’abord prétendu que c’était lui qui portait plainte en tant qu’employeur de l’agent de sécurité, engageant donc la personne morale de l’université. Puis que les plaintes seraient déposées par les individus concernées. Quoiqu’il en soit, ces accusations sont mensongères, la personne blessée reconnaissant être tombée seule. Ajoutons que l’interpellation s’est déroulée de manière particulièrement violente : des coups ont été assénés, tant sur des personnels de l’université que sur des étudiants.

Il est absolument inacceptable qu’un président puisse avoir recours aux forces de l’ordre pour faire se tenir un CA et réprimer l’expression démocratique de l’opposition à des décisions engageant l’avenir de l’université. L’est également d’engager son université via sa personne morale pour porter plainte contre un de ses étudiants, qui en est aussi élu et salarié, dans une procédure judiciaire visant à remplir ses objectifs politiques personnels. Sans parler de la mise en danger des personnels qui travaillaient dans un bâtiment dont toutes les issues sauf une ont été bloquées au mépris de toutesles consignes de sécurité.

La réunion du CA qui s’est ensuite déroulée sous protection policière a voté le projet PRES avec seulement une minorité des membres présents. Certains membres ayant refuser d’y siéger, se tenant à l’extérieur parmi les manifestants, la présidence prétend avoir obtenu le quorum grâce à 6 procurations envoyées in extremis par fax. Ce CA est par ailleurs illégitime, la séance précédente ayant été déclarée levée, ce qui impose la convocation d’un nouveau CA dans le délai règlementaire d’une semaine minimum.

Face à ces faits inacceptables, l’assemblée générale des étudiants, professeurs, et personnels de l’université Paris 8, tenue le lundi 14 mai, exige la démission du président Pascal Binczak, la levée des poursuites judiciaires contre les étudiants interpellés, et dénie toute légitimité aux conseils sortants pour voter les statuts du PRES qui engagent l’avenir de l’université.

Comme nous n’en sommes plus à une aberration juridique près, M. Binczak prétend que la fin de son mandat est le 11 juin 2012. Précisons que le mandat de M. Pascal Binczak, président d’université en fonction au moment où la loi LRU est intervenue, avait débuté le 31 octobre 2006, pour une durée de cinq ans. Le président a été maintenu en exercice par une délibération du conseil d’administration en date du 11 juin 2008, en application du IV de l’article 43 de la loi LRU. M. Binczak a été réélu le 21 octobre 2011, pour un mandat de sept mois se terminant le 25 mai 2012. En bref, ce n’est pas à lui de décider de l’avenir de Paris 8.

L’Assemblée Générale de Paris 8 –Vincennes – Saint-Denis

Nous sommes un collectif d’étudiant-es rassemblé-es par nos idées et nos pratiques. Nous sommes témoins des dérives de la politique menée par la présidence de Paris 8 par notre expérience en tant qu’élu-es dans divers conseils d’UFR et centraux, par notre vécu en tant que salarié-es de Paris 8, ou tout simplement en tant qu’étudiant-e dionysien-ne. Cette politique est symptomatique de la dégradation globale de l’université aujourd’hui. Nous nous inscrivons dans les initiatives et luttes collectives au sein de la communauté universitaire à contre-courant de ces changements néfastes. Nous avons participé au développement de la vie sociale de notre université en organisant des repas à prix libre, des concerts, des débats, des assemblées générales, etc.

Nous nous présentons aux élections dans les conseils centraux qui sont des organes de gestion de l’université. Nous pensons qu’il est nécessaire d’y être présent-es pour :

  • Nous opposer aux décisions sur la mise en place de réformes depuis le processus de Bologne (1999) qui dégradent les conditions d’études et de vie des étudiant-es.

  • Mettre devant leurs éventuelles contradictions les instances décisionnelles

  • Nous tenir au courant des transformations en cours en récupérant des documents liés

  • Défendre la pluralité des projets culturels, associatifs et politiques au sein de l’Université

Toutefois, notre présence aux conseils centraux ne suffira pas à transformer notre Université. Cette présence nous servira d’appui pour construire des mobilisations à venir.

Notre fonctionnement collectif

Nos élu-es siégeront avec des mandats impératifs afin de porter la parole du collectif. Ils seront révocables s’ils ne respectent pas les décisions prises collectivement. Un roulement entre les présent-es sur la liste sera effectué afin que le pouvoir de décision ne se concentre pas chez quelques spécialistes.

Notre démarche étant collective, nous entendons fonctionner par le biais de réunion mensuelles – au minimum, plus selon l’actualité – ouvertes à tout-es. Ces réunions auront pour but de discuter ce qui sera porté dans les conseils et les actions qui seront menées par le collectif.

Les enjeux politiques de l’université

Cette année, l’université renouvelle la totalité de ses instances (les trois conseils et la direction).

Depuis Janvier, l’université est passée à l’autonomie budgétaire : elle gère désormais la masse salariale, les appels d’offres ainsi que les locaux. Comme l’attribution de ces nouvelles responsabilités n’a pas été suivie par un engagement financier suffisant de l’État, elle ne pourra fonctionner normalement. L’existence de certains départements est remise en question (anthropologie, sciences de l’éducation, langues minorisées, histoire…). D’autres décisions majeures prises dans ses conseils mettent notre université en difficulté : déplacement de l’UFR Art hors-campus Paris 8, renouvellement du contenu des diplômes, engagement de l’université dans des pôles d’excellence et de compétitivité (au risque d’une université à deux vitesses), sur-spécialisation de nos formations au nom de la professionnalisation qui appauvrit le contenu des enseignements.

Ce qu’on défend :

  • Une université expérimentale et critique où perdure la création de nouvelles formations non soumises à l’économie du savoir (comme l’ont été la psychanalyse ou les études de genre) ; où s’ouvrent des espaces de savoir et de liberté.

  • Une université gratuite, ouverte à toutes et à tous, où l’interdisciplinarité à l’université et la possibilité de construction de nos diplômes ne soient pas réservées aux étudiant-es en master d’excellence ; la lutte contre la disparition de disciplines jugées non rentables et la délocalisation de disciplines.

  • Une université populaire, ouverte sur la ville ; le développement d’évènements, d’activités et de manifestations par et pour les étudiant-es.

  • Une réappropriation des savoirs pour que la fac soit au service du bien commun, qu’elle soit comme sa nature l’indique : un service public !

  • Les étudiant-es étranger-es contre la circulaire Guéant ; l’égalité des droits pour tou-tes les étudiant-es quelle que soit leur nationalité.

  • Une mise à disposition des fonds pour les projets culturels, sociaux et politiques de la communauté universitaire et des dépenses qui ne seraient pas inappropriées et indécentes (voitures de fonction (6), « voyages de fonction », Maison de l’Etudiant, hall d’expo, carte Monéo, écrans géants, Apogée…)

  • L’amélioration des conditions d’inscription qui sont de plus en plus pénibles ; une véritable politique d’accueil et d’accompagnement des étudiant-es à la rentrée.

  • L’émergence d’un débat et d’une critique sur les finalités de nos enseignements et de la recherche, pour une pédagogie mettant au centre les étudiant-es et leur rapport au savoir.