Quelques éclaircissements sur la situation à Paris 8

Publié: mai 11, 2012 dans P.R.E.S. Paris 8 - Paris 10
Présence policière à l'Université Paris 8, le 11 mai 2012

Présence policière à l’Université Paris 8, le 11 mai 2012

Un conseil d’administration devait se tenir vendredi 11 mai à 15h pour voter le projet de Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) « Paris Lumières » entre Paris 8-St-Denis et Paris 10- Nanterre. Au regard de la précipitation avec laquelle ce conseil a été convoqué, empêchant toute discussion des contenus et des modalités de ce projet, des enseignants, personnels et étudiants, dont des élus aux conseils y sont intervenus afin de reporter le vote et prendre le temps de la réflexion.

Suite à l’irruption lors du conseil, le président a proposé qu’une délégation de dix personnes assiste au conseil. Proposition refusée, au motif que le temps nécessaire à la discussion des décisions en question n’était pas non plus accordé.

Face à ce refus, le président déclare la séance levée et non suspendue. Pour les personnes présentes, il n’était pas question de clore la séance sans débat, de régler ces questions quant à l’avenir de l’université de manière unilatérale. Le président, prenant une telle exigence comme une menace, a quitté la réunion pour aller chercher refuge dans le poste de sécurité incendie de l’université.

De là, le président a demandé l’intervention de la police, prétendant qu’il était séquestré, alors qu’il s’ y était enfermé de lui-même. Il gagne le bâtiment de l’administration de l’université, sous protection, où à 18h se tient un nouveau conseil, protégé par un cordon policier. 300 personnes, dont une partie des élus encore au CA refusant de siéger dans de telles conditions, se rassemblent au pied de ce bâtiment.

En aucun cas, il n’a été question de séquestration.

Entre-temps, deux étudiants, élu et suppléant élus au Conseil des études et de la vie universitaires (CEVU) lors des dernières élections sur la liste du Mouvement Universitaire de Résistance (M.U.R.), sont traqués par la police puis interpellés, dont un pour « violences volontaires aggravées » sur un agent de sécurité de l’université. Le président a d’abord prétendu que c’était lui qui portait plainte en tant qu’employeur de l’agent de sécurité, engageant donc la personne morale de l’université. Puis que les plaintes seraient déposées par les individus concernées. Quoiqu’il en soit, ces accusations sont mensongères, la personne blessée reconnaissant être tombée seule. Ajoutons que l’interpellation s’est déroulée de manière particulièrement violente : des coups ont été assénés, tant sur des personnels de l’université que sur des étudiants.

Il est absolument inacceptable qu’un président puisse avoir recours aux forces de l’ordre pour faire se tenir un CA et réprimer l’expression démocratique de l’opposition à des décisions engageant l’avenir de l’université. L’est également d’engager son université via sa personne morale pour porter plainte contre un de ses étudiants, qui en est aussi élu et salarié, dans une procédure judiciaire visant à remplir ses objectifs politiques personnels. Sans parler de la mise en danger des personnels qui travaillaient dans un bâtiment dont toutes les issues sauf une ont été bloquées au mépris de toutesles consignes de sécurité.

La réunion du CA qui s’est ensuite déroulée sous protection policière a voté le projet PRES avec seulement une minorité des membres présents. Certains membres ayant refuser d’y siéger, se tenant à l’extérieur parmi les manifestants, la présidence prétend avoir obtenu le quorum grâce à 6 procurations envoyées in extremis par fax. Ce CA est par ailleurs illégitime, la séance précédente ayant été déclarée levée, ce qui impose la convocation d’un nouveau CA dans le délai règlementaire d’une semaine minimum.

Face à ces faits inacceptables, l’assemblée générale des étudiants, professeurs, et personnels de l’université Paris 8, tenue le lundi 14 mai, exige la démission du président Pascal Binczak, la levée des poursuites judiciaires contre les étudiants interpellés, et dénie toute légitimité aux conseils sortants pour voter les statuts du PRES qui engagent l’avenir de l’université.

Comme nous n’en sommes plus à une aberration juridique près, M. Binczak prétend que la fin de son mandat est le 11 juin 2012. Précisons que le mandat de M. Pascal Binczak, président d’université en fonction au moment où la loi LRU est intervenue, avait débuté le 31 octobre 2006, pour une durée de cinq ans. Le président a été maintenu en exercice par une délibération du conseil d’administration en date du 11 juin 2008, en application du IV de l’article 43 de la loi LRU. M. Binczak a été réélu le 21 octobre 2011, pour un mandat de sept mois se terminant le 25 mai 2012. En bref, ce n’est pas à lui de décider de l’avenir de Paris 8.

L’Assemblée Générale de Paris 8 –Vincennes – Saint-Denis

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s